15 décembre 2025
Ça n’vous a pas échappé car c’est l’une des vidéos les plus virales du moment. Diffusée il y a quelques jours par une célèbre enseigne de grande distribution, la pub "Le Mal Aimé" a rapidement pris d’assaut les réseaux sociaux pour cumuler à l’heure où je vous parle plus de 600 millions de vues. Les critiques sont unanimes, les éloges pleuvent et les internautes pleurent. Succès international pour ce véritable court métrage d'animation réalisé à l’ancienne, sans intelligence artificielle mais avec beaucoup de talent et de créativité par une équipe 100 % française… Une réussite esthétique donc, mais aussi musicale avec le choix d’une bande-son qui colle à la peau de notre loup mal aimé : la chanson du même nom de Claude François, titre qui en profite au passage pour s’offrir une nouvelle jeunesse plus de 50 ans après sa sortie en 1974. Oui, le Mal aimé est en passe de devenir l’un des tubes de ce Noël 2025, en tête sur toutes les plateformes de streaming, il totalise déjà plus de 3 millions d'écoutes sur spotify !
Mais bien sûr, ce qui fait la grande force de cette pub, c’est l’intelligence de son storytelling : une narration émotive qui porte un message attendrissant d’acceptation, de solidarité et de dépassement de soi : un loup solitaire, mal-aimé et rejeté par les autres animaux de la forêt, parce qu’il a la fâcheuse tendance à les dévorer, va apprendre à mieux manger pour se faire des amis. Au final, contre toute attente, le mal aimé parvient à s’intégrer grâce à ses efforts et sa résilience et il devient par là-même en quelque sorte le héros collectif auquel on s’identifie tous, personnage principal d’un joli conte ou fable de Noël dont la morale serait que “le rejet et l'isolement ne sont pas une fatalité, il faut garder l’espoir d’être accepté malgré nos différences, et surtout ne jamais se laisser définir par les étiquettes qu’on nous impose.”
Le discours est il est vrai touchant, on adhère mais dans la pratique - et on perçoit là toutes les limites d’une pub et d’une œuvre de fiction - l’approbation, l’acceptation, l’inclusion et la réconciliation ne relèvent pas de l’évidence…
Alors forcément ce matin, j’ai eu envie de dédier cet édito à tous les mal aimés. À celles et ceux qui ont manqué d’amour dans leur enfance, qui ont souffert ou souffrent encore de maltraitance, d’humiliations, de violences. Celles et ceux qui sont prisonniers d’une relation sentimentale, familiale, professionnelle toxique ou abusive.
Les mal aimés, ce sont les cœurs en mille morceaux après une rupture, un divorce. Ce sont les enfants que l’on abuse, les femmes que l’on frappe et que l’on tue. c’est ceux que l’on rejette parce qu’ils sont différents, les étrangers, les personnes porteuses de handicap. Ce sont les victimes de racisme, et de l’antisémisme multiséculaire, ce sont ces Juifs qu’on a assassinés hier sur une plage d’Australie.
Les mal aimés ce sont gens de la rue, sans domicile fixe, prostituées, marginaux et exclus, ceux qu’on a mis au ban de la société. Ce sont les détenus, les oubliés des hôpitaux, les personnes âgées qu’on laisse vieillir seuls dans leur EHPAD. Mais les mal aimés ce sont aussi celles et ceux qui ne se sentent pas ou plus dignes d’être aimés à cause de ce qu’ils ont fait ou qu’on leur a fait. Ce sont ceux qui se font du mal, qui se sentent incompris, ceux parfois qui semblent avoir tout pour eux - amour, argent, amis - et qui pourtant comme le chante Claude Français ont “ce désespoir caché au fond d’eux”. Le mal aimé, c’est peut-être toi qui m’écoute ce matin et c’est moi aussi, car nous sommes tous, à un moment donné de nos vies, le "loup mal aimé", victime de rejet, touché par l’incompréhension ou la solitude.
Mais il y a un autre mal aimé dont j’aimerais te parler ce matin, un mal aimé dont l’histoire bien réelle nous ramène aux origines de Noël. Dès sa naissance, il a vu beaucoup de portes se fermer devant lui… et tout au long de sa vie, il a éprouvé le rejet et la haine de ceux qui ne comprenaient pas son message d’amour, de paix et de réconciliation. Jésus - puisque c’est de lui dont il s’agit - “s’est élevé, nous dit le prophète Esaïe, comme une faible plante qui sort d'un sol desséché. Il n'avait pas l'allure, ni le genre de beauté qui attirent les regards. Il a été celui qu'on dédaigne, celui qu'on ignore, la victime, le souffre-douleur. Nous l'avons dédaigné, nous l'avons compté pour rien, comme quelqu'un qu'on n'ose pas regarder.” Et pourtant, ce mal aimé n’a pas reproduit ce qu’on lui a fait subir, il a au contraire profondément aimé. Il est allé vers les exclus, les pauvres, les étrangers. Il a consolé, secouru, guéri, délivré. Il était “envoyé, comme dit encore le prophète Esaïe, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé”. Il nous a aimé jusqu’au bout alors que nous étions ennemis de Dieu, séparés de lui à cause de nos péchés. Contre toute attente, le mal aimé qu’il était nous a aimé au point de donner sa propre vie pour nous sauver.
« On a tous une bonne raison de commencer à mieux manger », ça, c’est la conclusion de la pub du loup d’Intermarché. Moi, je ne fais pas de pub, et je n’ai rien à gagner mais je vous garantis que vous avez toutes les raisons de commencer à vous intéresser à Dieu et à Jésus et aussi tout à gagner à accepter son amour et lui confier votre vie. Il n’y a pas d’loup, c’est promis… alors laissez-vous aimer, excellente journée sur ESSENTIEL radio !