D'hier et d'aujourd'hui - Ça ne vous a pas échappé, l'édito !

26 janvier 2026
 

Aujourd’hui, je ne vous parle pas de l’actualité du jour mais de celle de demain, sachant que demain, on parlera d’hier pour espérer mieux vivre aujourd’hui.
Ça ne vous a pas échappé, quoique j’ai quelques doutes par les temps qui courent, mais ce mardi 27 janvier, comme chaque année depuis 2005, c’est la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Date qui n’a pas été choisie au hasard par l'Assemblée générale des Nations Unies puisqu’elle coincide avec l’anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945.
Il y a 81 ans, lorsque les soldats du premier front ukrainien de l’Armée rouge franchissent la porte de Birkenau, ils ne savent pas qu’ils vont entrer dans l’un des centres de mise à mort les plus perfectionnés jamais conçus. Avec horreur, ils découvrent quelque 7000 survivants errants, malades et décharnés, Primo Levi est l’un d’entre eux. Vision d’apocalypse qui se poursuit avec le block numéro 10 dédié aux expérimentations médicales et avec les premières preuves matérielles du processus massif de destruction des Juifs, malgré tous les efforts des SS pour effacer les traces de leurs crimes : cendres, fragments d’os humains, objets entreposés, installations de mise à mort.
Bien sûr, ce 27 janvier 1945, les soldats soviétiques n’ont pas de compréhension immédiate de la géographie d’Auschwitz tant le site qui s’étend sur près de 200 hectares est gigantesque et ils ne prennent pas davantage la mesure de l’ampleur du crime commis. Ce n’est que progressivement, au fil des témoignages des survivants, qu’Auschwitz deviendra le symbole majeur de la politique génocidaire nazie, au point de désigner, par une métonymie trompeuse, la Shoah dans son entièreté.
Mais qu’à cela ne tienne, ce qui est certain, For sure comme dirait quelqu’un, c’est que demain, on se souviendra. Commémorations, reportages, discours, documentaires… associations, institutions, politiques, journalistes, enseignants… ce mardi 27 janvier, beaucoup s'adonneront au devoir de mémoire avec le même sérieux qu’un élève qui a ouvert son agenda à cette date.
“Devoirs pour le mardi 27 janvier : se souvenir et ne pas oublier la Shoah et tous les autres génocides qui ont endeuillé l’humanité.”

Expression omniprésente dans l’espace public, formule dont on attribue souvent la paternité - mais à tort - à Primo Levi, le “devoir de mémoire” ne se réfère plus exclusivement aujourd’hui au génocide juif. Au fil des années, des recherches historiques et des lois mémorielles, il s’est élargi à d'autres périodes comme la Première Guerre mondiale, la période coloniale et celle de la décolonisation, l'esclavage, le génocide des Arméniens et celui des Tutsis au Rwanda, etc, etc… Ce qui fait qu’au final, des journées pour se souvenir, il y en a aujourd’hui tellement qu’on peut facilement en oublier. Sans parler de la concurrence mémorielle, “compet’ entre victimes et communautés qui conduit souvent à reprocher aux Juifs - encore eux - de bénéficier d’un statut victimaire à plus fort titre que d’autres groupes, du monopole de l’attention et d’un favoritisme médiatique. Comme si avoir frôlé l'anéantissement avec 6 millions de personnes assassinées était une faveur enviable… et alors qu’en réalité, on a toujours tort de chercher à hiérarchiser les souffrances.

Mais le plus regrettable, c’est sans doute qu’à peine rappelé à notre mémoire, le souvenir se perd et qu’on oublie la raison d’être de cette commémoration du 27 janvier : d’une part, rendre hommage à la mémoire des victimes de la Shoah - c’est le regard vers le passé - mais aussi, d’autre part, comme l’énonce clairement l’ONU, prévenir d’autres crimes contre l’humanité, lutter contre l’antisémitisme, le racisme et les autres formes d’intolérance qui peuvent conduire à la violence ciblée sur un groupe : c’est le regard sur le présent et l’avenir.

"Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre" écrivait Primo Levi, encore lui. La citation est archi connue, répétée chaque année comme un mantra, accompagné des traditionnels “plus jamais ça” et “never again”, mais finalement, à quoi sert la mémoire si elle ne change rien ? On veut bien se rappeller d’Auschwitz et des conséquences de la haine des Juifs mais l’antisémitisme continue de prospérer, en France et ailleurs, comme dernièrement sur une plage australienne. Autre exemple tristement d’actualité : les brutalités policières dénoncées encore et encore - Remember George Floyd - et qui reviennent pourtant à nouveau sur le devant de la scène ces derniers jours à Minneapolis… Impression de “déjà vu”, c’est l’histoire qui bégaie.

“Tout ce qui arrive est oublié dans les jours qui suivent” constate amèrement l'Ecclésiaste dans la Bible dont les pages sont traversées par cette injonction du souvenir, le fameux Zakhor hébreu. Impossible bien sûr de vous citer les nombreux “Souviens-toi” qui jalonnent Ancien et Nouveau Testaments, mais en voici tout de même trois à garder en mémoire.

“Rappelle à ton souvenir ce que l'Éternel, ton Dieu, a fait à Pharaon et à toute l'Égypte”, ordonne Dieu aux Israélites par l’intermédiaire de Moïse afin qu’ils n’oublient pas leur ancienne condition d’esclave et ne retombent pas dans les mêmes travers.

“Souviens-toi de ton Créateur, dans les jours de ta jeunesse, avant que soient venus les jours mauvais” nous recommande Salomon. Sage conseil qui nous invite à ne pas vivre en insensé les quelques années que nous avons à passer sur cette Terre, mais à prendre le temps de nous intéresser à Dieu, notre créateur.

Enfin, “Souviens-toi de Jésus-Christ” écrit Paul à Timothée. Souvenir qui transcende et résume tous les autres. Car au milieu des ruines qui nous cernent, dans un monde où il semble que “personne ne se souvient de cet homme pauvre”, Jésus, ce Juif mort sur une croix pour le salut du monde, quel bonheur de pouvoir se souvenir de lui et lui confier notre vie !

Oui, se souvenir est primordial et nécessaire mais si la mémoire ​ne nous pousse pas à l'action, elle est vaine. Alors si cet édito a contribué à vous rappeler que Jésus vous aime, il ne vous reste plus qu’à croire. Cela changera tout, aujourd’hui et demain. For sure.
Très bonne journée à tous sur ESSENTIEL !