Une Bonne Année... vraiment ? - Ça ne vous a pas échappé !

07 janvier 2026
 

Chaque année, début janvier, elle est sur toutes les lèvres : partout dans le monde, - ça ne vous a pas échappé -, c’est l'incontournable expression “Bonne et heureuse année !”.
Et pourtant, à l’heure où je vous parle, il y a un vrai décalage entre, d’une part, ces vœux de bonheur que l’on formule souvent de manière machinale et un peu à la va-vite et, d’autre part, la réalité de ce début d’année 2026. Impossible en effet de ne pas penser à toutes les familles endeuillées suite à l’incendie mortel de Crans-Montana… 40 personnes fauchés en pleine fleur de l’âge et 119 blessés alors que tous fêtaient le passage à la nouvelle année au Constellation, bar branché de la station de ski suisse. “En quelques secondes” ils sont passés “de la joie à l’horreur” lors de cette soirée qualifiée depuis par la presse européenne d’Apocalypse du nouvel an”

Sur un plan plus personnel, je dois aussi vous avouer que ce fameux “bonne et heureuse année” m’est apparu peu approprié. En pensant à la famille, aux enfants et proches d’une amie et collègue enseignante passionnée et pleine de vie, Florianne, qui nous a quittés juste un peu avant Noël, à l’âge seulement de 43 ans, des suites d’un cancer foudroyant. Le 2 janvier, on l’enterrait. Peine immense, triste manière de commencer 2026.

Enfin, plus largement, je n’oublie pas tous celles et ceux dont le cœur, malgré les festivités de fin et de début d’année, n’a pas été et n’est toujours pas à la fête : cœur blessé, brisé, endeuillé ou esseulé.

Dans chacune de ces situations dramatiques, qu’elles fassent la Une de l’actualité internationale ou celle, seulement, de nos vies minuscules, la formule “Bonne et heureuse année” paraît bien vaine, futile et vide de sens. Comment souhaiter une bonne année quand celle-ci commence dans les larmes ? Comment dire Happy New Year à des enfants qui viennent de perdre leur maman ou à des parents qui ont perdu leur enfant ? Comme à chaque catastrophe, qu’elle soit d’origine naturelle, climatique, terroriste, ou accidentelle, on compatit, sincèrement, et l’on s’interroge aussi, on essaye de comprendre, de trouver une explication, une cause ou un coupable. Les questions fusent : Pourquoi eux ? Et pourquoi pas moi ? Pourquoi est-elle partie si tôt, si vite ? Pourquoi une telle injustice et autant de souffrance ? Pourquoi cela m’arrive à moi ? Et ces pauvres jeunes, qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

Des questions qui nous laissent le plus souvent dans l’incompréhension face à la cruauté des événements, sans réponse, avec ce double sentiment, à la fois de reconnaissance d’être nous, encore en vie, et de culpabilité d’être justement encore là alors que d’autres ne le sont plus. À vrai dire, les réactions sont aussi diverses qu’il existe d’individus et soyez certains que je ne juge personne en disant cela : il y a les résilients, les battants pour qui la vie doit continuer “parce qu’il ou qu’elle l’aurait voulu”, ceux qui se laissent au contraire abattre et ne parviennent pas à se relever après le drame, il y a les fatalistes et les résignés avec les formules passe-partout que l’on connaît bien - “c’était son heure”, “il était là au mauvais endroit au mauvais moment” - sans oublier les philosophes épicuriens qui, face au drame, nous rappellent avec insistance “que c’est pour ça qu’il faut profiter de chaque moment pendant qu’il en est temps avec ceux que l’on aime, Carpe Diem”. Et puis, il y a aussi ceux qui versent dans cette amertume teintée de colère, qui en veulent à la terre entière, qui maudissent ce satané cancer ou, grand classique, pointent d’un doigt accusateur le créateur de l’univers, ce Dieu, qui, “s’il existait vraiment, n’aurait jamais permis cela” !

Justement… et Dieu dans tout ça ? La première chose importante que j’aimerais dire dans ce premier édito de l’année, c’est que Dieu n’est pas insensible à notre souffrance. La Bible regorge de textes qui nous parlent de sa compassion envers nous : “Il est près de tous ceux qui ont le cœur brisé”. Toute la vie de Jésus témoigne également de cette proximité avec ceux qui souffrent, offrant un contraste saisissant avec l'image qu’on a souvent d'un Dieu distant et indifférent. Oui, Jésus s’intéresse à nous, il va vers les malades pour les guérir, vers ceux que l’on rejette, il console, réconforte ceux qui pleurent. Nul ne comprend mieux que lui la souffrance et l’injustice qui peuvent nous frapper car il en a été lui-même victime : accusé à tort, torturé, condamné à mort, crucifié alors qu’il était innocent et parfait.

La deuxième chose importante à souligner à mon sens, c'est qu’au travers des drames de la vie, Jésus nous invite à nous poser les bonnes questions. Un jour, on est venu l'interroger au sujet d’un terrible accident qui s'était produit à Jérusalem dans le quartier de Siloé : 18 personnes tuées lors de l’effondrement d’un bâtiment, d'une tour. Jésus a alors demandé : “Croyez-vous que ces personnes étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?” Non, pour lui, ces victimes n'étaient pas plus fautives que d’autres ; leur mort n'était pas la conséquence de leurs péchés, mais le résultat d’un tragique accident. Ce qui n’a pas empêché Jésus de prévenir solennellement ses auditeurs, “si vous ne changez pas de vie, si vous ne vous repentez pas, vous mourrez tous comme eux”.

La mort, on le sait, personne ne peut lui échapper : elle viendra à notre rencontre, de manière soudaine et inattendue comme pour ces jeunes qui ont péri à Crans-Montana ou, peut-être de façon plus lente et insidieuse comme ce fut hélas le cas pour mon amie Florianne. Quoi qu'il en soit, cette mort physique n’est pas la fin de tout et Jésus nous rappelle au travers de ce drame de la tour de Siloé qu’il y a une mort bien plus terrible qui nous guette tous, celle de notre âme. Quand je vais mourir, est-ce que je sais où je vais ? Suis-je sauvé ? Ce sont des questions qu’il faut absolument se poser aujourd’hui, alors qu’on est en vie.

Ces derniers jours, vous avez sans doute été, comme moi, émus par la détresse de cette maman à la recherche de son fils de 16 ans Arthur… ”Ça fait plus de 30h que je le cherche partout, j’arrête pas de le chercher, je lâcherai pas, je continuerai à le chercher (pour) savoir si mon fils est vivant ou s’il est parti de l’autre côté…”
Deux jours plus tard, le corps d’Arthur était identifié parmi les victimes. Il était parti “de l’autre côté.”
Bien sûr, je ne connaissais pas Arthur et Je ne sais pas si comme sa mère l’a déclaré, “il est en paix et dans la lumière”… mais ce que je sais avec certitude, c’est qu’à tous ceux d’entre nous qui sommes encore de ce côté-ci, Dieu nous donne l'opportunité aujourd’hui de changer de vie et de préparer notre éternité. A Crans Montana, on a vu ces terribles vidéos de jeunes en train de rire, de chanter et de prendre des photos alors que la mousse du plafond commençait déjà à s’enflammer. Ils continuaient de faire la fête sans réaliser le drame qui était en train de se jouer juste au-dessus de leur tête, sans avoir conscience que ces flammes seraient bientôt incontrôlables et emporteraient 40 d’entre eux.

Dans ces tristes circonstances, et face à tous ces malheurs, un “Bonne et heureuse année” pourra paraître inapproprié, déplacé, voire manquer d'humanité. C’est pourtant très sincèrement que j’aimerais vous souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2026. En espérant que vous laisserez à Jésus l’opportunité de venir changer, comme dit la Bible, “les ténèbres en aurore”, “le deuil en allégresse”, un désert en oasis”. Il veut et peut le faire pour vous.
Très bonne journée à tous sur ESSENTIEL radio !